Divertissement à la Viennoise

Wolfgang Amadeus MOZART (1759-1791) – Sérénade en mi bémol Majeur – K.375

Franz KROMMER (1759-1831) – Partita

Wolfgang Amadeus MOZART (1759-1791) – Don Giovanni – arrangement Josef Triebensee

Ludwig Van BEETHOVEN ( 1770-1827) – Octuor op.103

 

Divertissement à la Viennoise

 

En 1782, l’Empereur Joseph II fonde à Vienne la prestigieuse Harmonie Impériale, un ensemble d’instruments à vent réunissant quelques uns des plus grands virtuoses de l’époque. Depuis quelques années en effet, Vienne est la capitale d’un nouveau genre musical : il est à la mode, dans l’aristocratie, d’entretenir une formation musicale de ce type pour animer les divertissements de plein air, les concerts ou la musique de table (tafelmusik).

Cette pratique est illustrée dans le dernier acte de l’opéra de Mozart Don Giovanni : le noble espagnol invite un petit groupe constitué d’instruments à vent pour divertir les invités en jouant des arrangements d’airs d’opéras récents. C’est ainsi que de nombreux princes rassemblent autour d’eux les meilleurs musiciens et commandent aux compositeurs et arrangeurs un nouveau répertoire approprié à cet ensemble de vents appelé Harmonie.

La formation la plus courante est un octuor, constitué de deux hautbois, deux clarinettes, deux bassons et deux cors, auxquels s’ajoute parfois une contrebasse.

Le répertoire consiste souvent en transcriptions d’opéras de l’époque : pour diffuser la nouvelle musique à moindre frais, la transcription est idéale, à une époque où la radio n’existe pas… Les voix sont remplacées par les hautbois ou clarinettes, et un large public mélomane peut ainsi apprécier les airs à la mode, que ce soit lors d’un concert, d’un repas ou d’une promenade au parc.

En dehors des transcriptions, les compositeurs écrivent aussi des pièces originales pour octuor : partitas, divertimenti, nocturnes, sérénades, ce sont avant tout des pièces de « divertissement ». Les grands Mozart, Schubert, Beethoven ou Haydn ont écrit pour cette formation, mais on trouve par ailleurs de nombreuses pièces d’excellente facture chez des compositeurs moins connus, comme Druchetzky, Krommer, Rosetti, Dittersdorf, etc.

Ce programme illustre ces différents aspects du répertoire d’Harmonie.